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Des souvenirs d'enfance

Des souvenirs d'enfance - Lilly Mitchell

J’avais pris de bonnes résolutions au début de la nouvelle année. Sortir plus souvent avec mes amies, manger moins de chocolat, et mettre de l’argent de côté. J’ai toujours rêvé d’avoir une belle cuisine équipée, mais celle que je veux est d’excellente qualité, et le prix va avec. Heureusement, j’ai un excellent conseiller financier qui m’aide beaucoup dans mes choix d’investissements. Je pus donc très vite avoir les moyens financiers nécessaires à son acquisition. Mais le temps passait, novembre approchait, et je n’avais toujours pas commandé ma cuisine. J’appelais le magasin qui la vendait. Le vendeur me répondit que je devrais attendre, le responsable du magasin étant en vacances jusqu’à la fin de la semaine. Je rappelais la semaine d’après.

L’homme que j’eus au téléphone avait une voix cassée, très grave, et j’entendais ce qu’il me disait avec beaucoup de difficultés. Il m’expliqua qu’il était enroué, et que le mieux pour moi serait de passer. Le soir même, je vins et je le rencontrais. Sa gentillesse, son professionnalisme, ses manières affables compensaient ses problèmes de voix. Il me présenta en détail l’article que je souhaitais. En chêne clair, l’ensemble se composait de plusieurs placards et il me précisa que je pouvais même acheter avec l’électroménager. J’avais eu une bonne impulsion de l’écouter et de venir sur place pour regarder mon futur achat en détail. J’ajoutais quelques options que je n’avais pas prévues, mais qui me semblaient indispensables après le discours éloquent de l’excellent commercial. Enthousiaste, je signais le bon de commande. Sa livraison était prévue trois semaines après.

Je préparais, avec l’aide de mon conjoint, l’emplacement prévu pour accueillir ma nouvelle cuisine. La veille de son arrivée, les anciens meubles étaient remisés au garage. J’en profitais pour bien nettoyer. Je vivais dans cette maison depuis mon enfance, mes parents me l’avaient léguée. Je retrouvais un pan de mur où je distinguais des dessins. Un souvenir me revint. J’expliquais à mon conjoint qu’avec mon frère, nous nous étions pris pour des artistes. Avec force feutres, crayons et craies, nous avions repeint la cuisine. Ma mère avait d’abord crié, mais, devant nos mines déconfites, elle avait en fin de compte laissé nos œuvres. Nous avions repeint quelques années plus tard. Seul vestige, ce mur caché par une étagère gardait encore les traces de mon passé. Je décidais de le laisser ainsi. Quand la cuisine arriva, je me débrouillais pour le laisser visible. Je le regarde souvent, me rappelant mes tendres années, et la légèreté que j’avais en moi, enfant.

 

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Petite brunette. Cool et peu maboule. Un tantinet artiste un peu égoïste. Fillette coquette. Mouton noir style braillard. Papillon en chanson. Avez-vous le goût de me prendre le pouls ? En tous les cas, je vous livrerai tout ça, et cetera ! Au plaisir de se choisir…