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Seule avec moi-même

Seule avec moi-même - Lilly Mitchell

Mes vacances étaient idylliques. J’étais au bord de la mer, sous les palmiers, le vent chaud soufflait. C’était un mois d’août particulièrement chaud. J’avais bien pris ma crème solaire, ma serviette de plage et mon maillot de bain, mais j’avais oublié de prendre un livre ou un ouvrage à confectionner. Le tricot est un des savoir-faire que je maîtrise, avec le crochet. Je me détends en fabricant des vêtements pour mes enfants, pour mes amis, et pour mon mari. Je me suis lancée dans la confection d’un pull torsadé blanc cassé, en laine mérinos. J’avais emporté la laine pour le terminer, mais, bien trop vite, je l’avais épuisée.

J’étais si bien, ici. Marianne, une de mes plus anciennes amies, m’avait demandé de garder sa maison. Elle était partie en voyage et elle n’avait trouvé personne pour s’occuper de son chat. Après quelques arrangements, j’arrivais à poser quelques jours pour me rendre à son logis. Ma planification financière personnelle était bien avancée, j’avais rempli le réfrigérateur pour que mon mari n’ait pas à s’embêter avec nos deux adolescents et la myriade de copains et copines qui les suivaient jusque chez nous.

Là, sous la brise marine, le ciel orangé se reflétant dans l’immensité liquide de l’océan, je sentais à quel point ces moments étaient importants. Se retrouver soi-même, vivre à son rythme, je reconnais que j’apprécie aussi, car je ne le vis qu’un temps. Ma famille me manque vite, mais j’ai besoin de me ressourcer ailleurs et dans la solitude pour continuer à vivre mon quotidien. Le soir venu, je notais toutes ces réflexions dans un carnet.

Je commençais alors un journal. Chaque jour, je décrivais les vents, les pluies, les moments ensoleillés, et l’ensemble des instants que je passais dans cette maison si propice à réveiller ma créativité. Dans la ville la plus proche, je m’achetais un bon appareil photo. J’émaillais ainsi mon texte de références aux portraits ou aux paysages que je figeais sur des images de papier glacé.

Mes impressions passagères, mes interrogations existentielles, mes bonheurs, tout étaient étalés dans le carnet à la reliure de tissu rouge que j’avais dans mon sac. Il y traînait depuis longtemps sans que je sache quoi en faire. Je lui avais enfin trouvé une utilité. Lorsque je revins dans mon foyer, je rangeais les photographies et les mots alignés sur le papier dans une grande pochette. Elle est dans ma bibliothèque, et, juste à la regarder, les souvenirs me reviennent de ces excellents instants.

 

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Petite brunette. Cool et peu maboule. Un tantinet artiste un peu égoïste. Fillette coquette. Mouton noir style braillard. Papillon en chanson. Avez-vous le goût de me prendre le pouls ? En tous les cas, je vous livrerai tout ça, et cetera ! Au plaisir de se choisir…